La Grande Vague de Kanagawa, estampe de Katsushika Hokusai

Trois siècles d’images du monde flottant

Top 50 maîtres de l’ukiyo-e

De Moronobu à Yoshitoshi, cinquante artistes qui ont fait du théâtre, des voyages, des beautés d’Edo, des guerriers et même des chats un univers visuel inépuisable. Hokusai ouvre la marche ; il aurait probablement contesté le classement, puis dessiné la dispute.

L’ukiyo-e, littéralement « images du monde flottant », raconte la culture urbaine japonaise de l’époque d’Edo jusqu’aux bouleversements de Meiji. Il naît dans les ateliers collectifs où dessinateur, graveur, imprimeur et éditeur transforment une idée en feuilles accessibles à un large public.

Ce parcours suit les fondateurs de l’image imprimée, l’invention de la couleur, l’âge d’or des acteurs et des beautés, la révolution du paysage puis l’ouverture du Japon. Chaque maître apparaît avec une œuvre représentative, entièrement visible et reliée à sa fiche exacte.

La Grande Vague de Kanagawa, œuvre de Katsushika Hokusai
1

École Katsushika

Katsushika Hokusai

1760–1849 · Époque d’Edo

La Grande Vague de Kanagawa

Auteur des Trente-six vues du mont Fuji, Hokusai fit du paysage un sujet populaire à l’échelle du Japon. La Grande Vague est devenue son emblème, mais ses mangas, livres illustrés et études de la nature révèlent une curiosité presque impossible à ranger.

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Averse soudaine sur le pont Shin-Ōhashi et Atake, œuvre de Utagawa Hiroshige
2

École Utagawa

Utagawa Hiroshige

1797–1858 · Époque d’Edo

Averse soudaine sur le pont Shin-Ōhashi et Atake

Avec Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō et les Cent vues célèbres d’Edo, Hiroshige transforma la route, la pluie et la neige en expériences sensibles. Van Gogh copia certaines de ses compositions : le voyage entre Edo et l’Europe fut plus rapide que les diligences.

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Trois beautés de notre temps, œuvre de Kitagawa Utamaro
3

École Kitagawa

Kitagawa Utamaro

vers 1753–1806 · Époque d’Edo

Trois beautés de notre temps

Utamaro renouvela le bijin-ga par des portraits rapprochés où une inclinaison de tête ou une main occupée suffit à caractériser le modèle. Ses fonds micacés et ses cadrages audacieux donnent aux beautés d’Edo une présence à la fois mondaine et profondément individuelle.

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Ōtani Oniji III en Yakko Edobei, œuvre de Tōshūsai Sharaku
4

Artiste indépendant

Tōshūsai Sharaku

actif en 1794–1795 · Époque d’Edo

Ōtani Oniji III en Yakko Edobei

Sharaku surgit dans l’histoire de l’estampe pendant moins d’un an, produisant des portraits d’acteurs kabuki d’une intensité sans équivalent. Il ne flatte ni les traits ni les rôles : ses acteurs grimacent, calculent et transpirent presque sous le maquillage.

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L’Araignée de terre conjure des démons chez Minamoto no Yorimitsu, œuvre de Utagawa Kuniyoshi
5

École Utagawa

Utagawa Kuniyoshi

1798–1861 · Époque d’Edo

L’Araignée de terre conjure des démons chez Minamoto no Yorimitsu

Guerriers, chats, fantômes et caricatures font de Kuniyoshi le grand inventeur visuel de la fin d’Edo. Les contraintes de censure stimulèrent son goût du détournement ; quand un sujet devenait interdit, il revenait parfois déguisé en poisson ou en félin.

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Amants lisant une lettre sous la neige, œuvre de Suzuki Harunobu
6

Artiste indépendant

Suzuki Harunobu

vers 1725–1770 · Époque d’Edo

Amants lisant une lettre sous la neige

Harunobu est étroitement associé à l’essor du nishiki-e, l’estampe polychrome obtenue par plusieurs bois. Ses jeunes figures élégantes évoluent dans un monde délicat où la météo, les poèmes et les regards racontent davantage que l’action.

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Femmes aux bains publics, œuvre de Torii Kiyonaga
7

École Torii

Torii Kiyonaga

1752–1815 · Époque d’Edo

Femmes aux bains publics

Kiyonaga allongea les silhouettes et déploya ses scènes sur des diptyques et triptyques d’une remarquable clarté. Ses promenades féminines font respirer la ville d’Edo, tandis que son héritage de l’école Torii maintient un lien solide avec le théâtre kabuki.

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La poétesse Ono no Komachi sous la pluie, œuvre de Utagawa Toyokuni I
8

École Utagawa

Utagawa Toyokuni I

1769–1825 · Époque d’Edo

La poétesse Ono no Komachi sous la pluie

Toyokuni donna à l’école Utagawa son immense prestige dans le portrait d’acteur et le bijin-ga. Son atelier forma notamment Kunisada et Kuniyoshi : difficile d’imaginer meilleure descendance pour quelqu’un qui peignait déjà les vedettes de son temps.

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Le Chat démon Nekomata au théâtre, œuvre de Utagawa Kunisada
9

École Utagawa

Utagawa Kunisada

1786–1865 · Époque d’Edo

Le Chat démon Nekomata au théâtre

Kunisada fut probablement le créateur d’estampes le plus prolifique du XIXe siècle japonais. Ses acteurs, courtisanes et illustrations littéraires accompagnaient l’actualité culturelle d’Edo avec l’efficacité d’un grand studio d’images.

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La Maison solitaire sur la lande d’Adachi, œuvre de Tsukioka Yoshitoshi
10

École Utagawa

Tsukioka Yoshitoshi

1839–1892 · Bakumatsu et Meiji

La Maison solitaire sur la lande d’Adachi

Dernier grand maître de l’ukiyo-e traditionnel, Yoshitoshi traversa guerres civiles, modernisation et arrivée de la photographie. Ses Cent aspects de la lune mêlent récit classique, suspense et compositions radicales sans réduire son œuvre aux scènes sanglantes qui ont fait sa réputation.

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Beauté se retournant, œuvre de Hishikawa Moronobu
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École Hishikawa

Hishikawa Moronobu

vers 1618–1694 · Début de l’époque d’Edo

Beauté se retournant

Moronobu contribua à faire de l’ukiyo-e un langage autonome, diffusé par les livres et les feuilles imprimées. Ses lignes souples fixent les plaisirs urbains d’Edo à un moment où l’estampe était encore principalement monochrome.

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Nakamura Nakazō I soulevant une colonne, œuvre de Katsukawa Shunshō
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École Katsukawa

Katsukawa Shunshō

1726–1793 · Époque d’Edo

Nakamura Nakazō I soulevant une colonne

Shunshō rompit avec les visages conventionnels du théâtre pour rendre les acteurs reconnaissables. Fondateur de l’école Katsukawa, il fut aussi l’un des maîtres du jeune Hokusai, qui signait alors Shunrō.

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Nihonbashi à Edo, œuvre de Keisai Eisen
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École Kikukawa

Keisai Eisen

1790–1848 · Époque d’Edo

Nihonbashi à Edo

Eisen donna aux beautés d’Edo une élégance plus sensuelle, parfois volontairement nerveuse. Il conçut aussi des paysages et participa aux Soixante-neuf Stations du Kiso Kaidō, achevées avec Hiroshige.

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L’Étang de Shinobazu, œuvre de Kobayashi Kiyochika
14

Artiste indépendant

Kobayashi Kiyochika

1847–1915 · Époque de Meiji

L’Étang de Shinobazu

Kiyochika observa Tokyo au moment où gaz, briques et locomotives transformaient la ville. Ses kōsen-ga, images fondées sur les effets d’ombre et de lumière, font dialoguer gravure japonaise et regard occidental.

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Vue en perspective d’un quartier de plaisirs, œuvre de Utagawa Toyoharu
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École Utagawa

Utagawa Toyoharu

1735–1814 · Époque d’Edo

Vue en perspective d’un quartier de plaisirs

Fondateur de l’école Utagawa, Toyoharu expérimenta la perspective occidentale dans des vues urbaines appelées uki-e. Ses espaces profonds ouvrirent une voie que ses descendants artistiques allaient peupler pendant plus d’un siècle.

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Geisha et serviteur portant le shamisen, œuvre de Kitao Shigemasa
16

École Kitao

Kitao Shigemasa

1739–1820 · Époque d’Edo

Geisha et serviteur portant le shamisen

Shigemasa fut un dessinateur raffiné de beautés et un illustrateur de livres recherché. Son art fait le lien entre la grâce de Harunobu et les grandes figures plus affirmées de Kiyonaga et Utamaro.

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Ebisu et une courtisane, œuvre de Okumura Masanobu
17

École Okumura

Okumura Masanobu

1686–1764 · Époque d’Edo

Ebisu et une courtisane

Masanobu fut artiste, éditeur et expérimentateur. Il revendiqua des innovations dans l’impression en deux couleurs et exploita la perspective pour transformer les théâtres et les intérieurs en scènes profondes.

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Mère préparant les yeux d’un lapin de neige, œuvre de Isoda Koryūsai
18

Artiste indépendant

Isoda Koryūsai

1735–vers 1790 · Époque d’Edo

Mère préparant les yeux d’un lapin de neige

Koryūsai succéda à Harunobu dans l’imaginaire du bijin-ga tout en développant des formats plus hauts et des silhouettes plus présentes. Sa vaste série des Modèles nouveaux comme jeunes feuillages documente le monde de Yoshiwara avec précision.

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Jeune femme de l’époque Meiji, œuvre de Toyohara Chikanobu
19

École Utagawa

Toyohara Chikanobu

1838–1912 · Époque de Meiji

Jeune femme de l’époque Meiji

Chikanobu peignit aussi bien les combats de la restauration impériale que les dames de la cour Meiji. Ses triptyques montrent comment l’ukiyo-e sut absorber uniformes, architecture moderne et nouvelles mœurs sans perdre son sens du spectacle.

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Acteurs de kabuki en triptyque, œuvre de Toyohara Kunichika
20

École Utagawa

Toyohara Kunichika

1835–1900 · Bakumatsu et Meiji

Acteurs de kabuki en triptyque

Kunichika resta fidèle au kabuki pendant que Tokyo se modernisait à toute vitesse. Ses grands visages d’acteurs, saturés de couleurs franches, conservent l’énergie de la scène jusque dans les formats triptyques.

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Deux femmes dans l’Ehon Asakayama, œuvre de Nishikawa Sukenobu
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École Nishikawa

Nishikawa Sukenobu

1671–1750 · Époque d’Edo

Deux femmes dans l’Ehon Asakayama

Actif à Kyoto, Sukenobu donna aux femmes de toutes conditions une place centrale dans ses albums illustrés. Son trait élégant influença durablement le bijin-ga, au-delà du monde éditorial du Kansai.

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Courtisane peignant un paravent, œuvre de Torii Kiyonobu I
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École Torii

Torii Kiyonobu I

1664–1729 · Époque d’Edo

Courtisane peignant un paravent

Kiyonobu établit le style vigoureux de l’école Torii, intimement liée aux affiches et portraits du kabuki. Ses acteurs aux membres puissants semblent prolonger sur le papier l’emphase physique de la scène.

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Courtisane debout au kimono de fougères, œuvre de Kaigetsudō Ando
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École Kaigetsudō

Kaigetsudō Ando

actif vers 1700–1714 · Époque d’Edo

Courtisane debout au kimono de fougères

Ando est le fondateur auquel on rattache les grandes beautés debout de l’école Kaigetsudō. Les kimonos imposants, la ligne contrôlée et les poses répétées transforment la mode en véritable architecture.

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Courtisane marchant dans la neige, œuvre de Miyagawa Chōshun
24

École Miyagawa

Miyagawa Chōshun

1683–1753 · Époque d’Edo

Courtisane marchant dans la neige

Chōshun privilégia la peinture sur rouleau et sur paravent plutôt que l’estampe imprimée, tout en restant une figure majeure de l’ukiyo-e. Ses scènes de plaisirs se distinguent par la richesse des couleurs et une observation très fluide des groupes.

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Beauté tenant une cage à lucioles, œuvre de Ishikawa Toyonobu
25

École Ishikawa

Ishikawa Toyonobu

1711–1785 · Époque d’Edo

Beauté tenant une cage à lucioles

Toyonobu excella dans les benizuri-e, estampes imprimées notamment en rose et vert avant la pleine polychromie. Ses couples et acteurs occupent souvent de longues feuilles étroites avec une monumentalité inattendue.

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Watonai maîtrisant un tigre, œuvre de Katsukawa Shun'ei
26

École Katsukawa

Katsukawa Shun'ei

1762–1819 · Époque d’Edo

Watonai maîtrisant un tigre

Shun'ei prolongea la recherche de ressemblance menée par Shunshō dans les portraits d’acteurs. Il représenta aussi lutteurs de sumo et guerriers, accordant au corps une présence immédiate et solide.

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Matsumoto Kōshirō IV en Tsurunosuke, œuvre de Katsukawa Shunkō
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École Katsukawa

Katsukawa Shunkō

1743–1812 · Époque d’Edo

Matsumoto Kōshirō IV en Tsurunosuke

Shunkō compte parmi les pionniers du portrait d’acteur en buste, cadrage qui rapproche brusquement le public de la scène. Ses visages individualisés annoncent les expériences fulgurantes de Sharaku.

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Portrait d’un acteur de kabuki, œuvre de Ippitsusai Bunchō
28

Artiste indépendant

Ippitsusai Bunchō

actif vers 1755–1790 · Époque d’Edo

Portrait d’un acteur de kabuki

Bunchō partagea avec Shunshō l’ambition de différencier les acteurs au lieu de répéter un type générique. Ses portraits compacts associent élégance graphique et indices physionomiques subtils.

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Deux samouraïs, œuvre de Torii Kiyomitsu I
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École Torii

Torii Kiyomitsu I

1735–1785 · Époque d’Edo

Deux samouraïs

Kiyomitsu dirigea l’école Torii au milieu du XVIIIe siècle et affina son langage théâtral. Ses impressions en deux ou trois couleurs gardent la vigueur de la lignée tout en recherchant davantage de grâce.

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Ichikawa Danjūrō I en Takenuki Gorō, œuvre de Torii Kiyomasu I
30

École Torii

Torii Kiyomasu I

actif vers 1697–1722 · Époque d’Edo

Ichikawa Danjūrō I en Takenuki Gorō

Kiyomasu appartient à la première génération des imagiers du kabuki. Les contours épais, les attitudes héroïques et les couleurs ajoutées à la main donnent à ses acteurs la force directe d’une affiche.

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Atami au coucher du soleil, œuvre de Utagawa Toyokuni II
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École Utagawa

Utagawa Toyokuni II

1777–1835 · Époque d’Edo

Atami au coucher du soleil

Adopté dans la lignée de Toyokuni, il porta plusieurs noms, ce qui réjouit rarement les catalogues de musée. Ses beautés et acteurs assurent pourtant une transition importante entre la première génération Utagawa et l’empire visuel de Kunisada.

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Récolte de champignons iwatake à Kumano, œuvre de Utagawa Hiroshige II
32

École Utagawa

Utagawa Hiroshige II

1826–1869 · Fin de l’époque d’Edo

Récolte de champignons iwatake à Kumano

Élève puis gendre de Hiroshige, il reprit le nom du maître après sa mort. Ses paysages prolongent l’héritage familial tout en introduisant des couleurs plus vives et des compositions adaptées au goût de la fin d’Edo.

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Allées et venues de la prospérité à Tokyo, œuvre de Utagawa Hiroshige III
33

École Utagawa

Utagawa Hiroshige III

1842–1894 · Époque de Meiji

Allées et venues de la prospérité à Tokyo

Hiroshige III appliqua le prestigieux nom aux gares, ponts métalliques et bâtiments de la nouvelle Tokyo. Ses estampes enregistrent une modernisation parfois déroutante avec l’optimisme coloré d’un reportage urbain.

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Bataille de Dan-no-ura, œuvre de Utagawa Sadahide
34

École Utagawa

Utagawa Sadahide

1807–vers 1879 · Bakumatsu et Meiji

Bataille de Dan-no-ura

Sadahide est célèbre pour ses vues panoramiques et ses images de Yokohama ouverte aux étrangers. Les navires, costumes et marchandises venus d’ailleurs deviennent chez lui le grand spectacle de la curiosité japonaise.

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Abe no Yasuna et le renard Kuzunoha, œuvre de Ochiai Yoshiiku
35

École Utagawa

Ochiai Yoshiiku

1833–1904 · Bakumatsu et Meiji

Abe no Yasuna et le renard Kuzunoha

Élève de Kuniyoshi et rival de Yoshitoshi, Yoshiiku travailla pour le théâtre, la satire et les premiers journaux illustrés. Son parcours montre comment l’artisan de l’estampe devint progressivement un acteur de la presse moderne.

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Allées et venues d’un vapeur américain, œuvre de Utagawa Yoshikazu
36

École Utagawa

Utagawa Yoshikazu

actif vers 1850–1870 · Bakumatsu et Meiji

Allées et venues d’un vapeur américain

Yoshikazu participa à la vogue des Yokohama-e consacrés aux étrangers et aux ports nouvellement ouverts. Ses images mêlent observation, imagination et erreurs savoureuses : le monde extérieur arrivait souvent plus vite que les informations exactes.

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Grande bataille de Kawanakajima, œuvre de Utagawa Yoshitora
37

École Utagawa

Utagawa Yoshitora

actif vers 1836–1887 · Bakumatsu et Meiji

Grande bataille de Kawanakajima

Yoshitora aborda guerriers, acteurs et scènes étrangères avec un goût prononcé pour l’action. Ses vues de Yokohama constituent aujourd’hui des documents précieux sur la manière dont Edo imaginait la mondialisation.

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Ushiwakamaru et Benkei sur le pont Gojō, œuvre de Utagawa Yoshifuji
38

École Utagawa

Utagawa Yoshifuji

1828–1887 · Époque d’Edo et Meiji

Ushiwakamaru et Benkei sur le pont Gojō

Yoshifuji se spécialisa dans les estampes jouets, découpages et images composées, au point d’être surnommé le maître des omocha-e. Sous leur apparente légèreté, ses créations témoignent d’une remarquable intelligence graphique.

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Iwai Hanshirō dans le rôle de Koaki, œuvre de Utagawa Kunisada II
39

École Utagawa

Utagawa Kunisada II

1823–1880 · Fin de l’époque d’Edo

Iwai Hanshirō dans le rôle de Koaki

Élève et gendre de Kunisada, il reprit successivement plusieurs noms de l’atelier. Ses illustrations de romans et ses portraits d’acteurs prolongent un langage Utagawa déjà devenu une véritable marque culturelle.

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Poète à cheval approchant d’un pont, œuvre de Totoya Hokkei
40

École Katsushika

Totoya Hokkei

1780–1850 · Époque d’Edo

Poète à cheval approchant d’un pont

Élève de Hokusai, Hokkei excella dans le surimono, estampe luxueuse commandée en petit nombre par des cercles poétiques. Gaufrage, pigments métalliques et allusions littéraires y récompensent le regard attentif.

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Deux femmes écrivant, œuvre de Teisai Hokuba
41

École Katsushika

Teisai Hokuba

1771–1844 · Époque d’Edo

Deux femmes écrivant

Hokuba fut l’un des premiers et des plus fidèles élèves de Hokusai. Il se distingua dans les portraits de femmes et les surimono, avec une élégance plus calme que les paysages spectaculaires de son maître.

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Vue panoramique de Matsusaki, œuvre de Shōtei Hokuju
42

École Katsushika

Shōtei Hokuju

actif vers 1789–1818 · Époque d’Edo

Vue panoramique de Matsusaki

Hokuju expérimenta des paysages aux perspectives occidentalisantes, aux montagnes géométriques et aux horizons très profonds. Ses vues paraissent familières et étranges à la fois, comme Edo rêvé par un géomètre.

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Surimono aux papillons, œuvre de Kubo Shunman
43

École Katsukawa

Kubo Shunman

1757–1820 · Époque d’Edo

Surimono aux papillons

Shunman fut peintre, poète et grand concepteur de surimono. Lorsque les règlements limitèrent les couleurs trop luxueuses, il répondit par de subtiles harmonies grises qui firent de la contrainte une élégance.

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Lueur du soir à Ryōgoku, œuvre de Kikukawa Eizan
44

École Kikukawa

Kikukawa Eizan

1787–1867 · Époque d’Edo

Lueur du soir à Ryōgoku

Après la mort d’Utamaro, Eizan reprit et adoucit son modèle de beauté féminine. Ses figures aux kimonos élaborés dominèrent un temps le bijin-ga avant que son élève Eisen n’en accentue la sensualité.

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Beauté assise, œuvre de Kitagawa Tsukimaro
45

École Kitagawa

Kitagawa Tsukimaro

actif vers 1789–1830 · Époque d’Edo

Beauté assise

Élève d’Utamaro, Tsukimaro passa de l’estampe à la peinture et modifia plusieurs fois sa signature. Ses beautés conservent la finesse de l’école Kitagawa tout en adoptant une présence plus paisible.

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Femmes et enfants au Nouvel An, œuvre de Torii Kiyomine
46

École Torii

Torii Kiyomine

1787–1868 · Époque d’Edo

Femmes et enfants au Nouvel An

Kiyomine assura la continuité de l’école Torii au XIXe siècle, entre portraits d’acteurs et élégantes figures féminines. Son œuvre montre qu’une dynastie graphique pouvait évoluer sans abandonner sa fonction théâtrale.

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Beautés admirant les cerisiers, œuvre de Katsukawa Shunchō
47

École Katsukawa

Katsukawa Shunchō

actif vers 1780–1801 · Époque d’Edo

Beautés admirant les cerisiers

Shunchō délaissa largement les acteurs pour les beautés, promenades et scènes de groupe. Ses diptyques et triptyques aux lignes claires dialoguent directement avec l’élégance monumentale de Kiyonaga.

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Intérieur d’un théâtre kabuki, œuvre de Torii Kiyotsune
48

École Torii

Torii Kiyotsune

actif vers 1757–1779 · Époque d’Edo

Intérieur d’un théâtre kabuki

Kiyotsune travailla surtout pour le monde du kabuki, produisant portraits et programmes illustrés. Son style compact conserve la lisibilité immédiate nécessaire à une image destinée aux spectateurs du théâtre.

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Vues célèbres du Japon, œuvre de Kitao Masayoshi
49

École Kitao

Kitao Masayoshi

1764–1824 · Époque d’Edo

Vues célèbres du Japon

Masayoshi fut illustrateur, peintre et, sous le nom de Kuwagata Keisai, auteur de manuels de dessin très influents. Ses vocabulaires de formes réduites apprennent à saisir un être ou un paysage en quelques traits.

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Fête d’été sur la rive de la Kamo, œuvre de Utagawa Toyohiro
50

École Utagawa

Utagawa Toyohiro

1774–1830 · Époque d’Edo

Fête d’été sur la rive de la Kamo

Toyohiro conçut estampes, livres illustrés et peintures de beautés, mais son nom reste surtout lié à son élève Hiroshige. Sa place dans ce classement rappelle qu’un grand maître se reconnaît parfois aussi à l’avenir qu’il rend possible.

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Le monde flottant continue de circuler

Ces cinquante signatures ne ferment pas l’histoire : elles montrent comment un art populaire, collectif et inventif a changé durablement notre manière de cadrer une scène.

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